La MFR retrouve des couleurs et ses valeurs. “Il faut accepter que chaque jeune ait son parcours” estime Nelly Garda-Flip, sa directrice.

Devant l’urgence d’une situation financière dégradée, elle a été appelée pour jouer les pompiers. En quelques mois, Nelly Garda-Flip a réussi à circonscrire l’incendie qui couvait et menaçait la survie de l’établissement.
C’est dans un climat apaisé que 105 élèves ont fait leur rentrée à la Maison familiale et rurale . « Une maison fragile », nuance la directrice, avant de préciser: « On a moins d’élèves mais c’est une tendance nationale. Cela nous permet d’avoir des groupes réduits de quinze élèves, c’est un vrai plus. »

“Pour le BTSA, Parcoursup n’a pas été très utile à la MFR”
Elle indique qu’il reste encore quelques places en CAP Métiers de l’Agriculture, « un cursus qui dispense une initiation au pilotage de drone », et en BTSA Technico-commercial. Avis aux amateurs. « Parcoursup ne nous a pas été très utile car les lycéens tapent BTS sur la plate-forme mais BTSA, on ne trouve pas cette dénomination… »
Son objectif, approuvé par son équipe de dix-huit personnes dont onze formateurs, « des gens qui ont une certaine ancienneté et une grande connaissance de leur métier et de l’approche des jeunes », vise « à retrouver nos fondamentaux, à la valorisation de l’alternance et de nos pratiques. » Quelles pratiques? « Chez nous, les tâches quotidiennes de services sont remises au goût du jour. » Des tâches qui incombent donc aux élèves. Et c’est même une ancienne élève qui assurera une mission de service civique. « Elle sera chargée de l’animation de la vie résidentielle », relève Nelly Garda-Flip.
L’alternance, c’est 50% du temps à l’école, 50% du temps en entreprise. « On trouve facilement des entreprises pour ceux qui ont un statut de stagiaire. Pour les contrats d’apprentissage, c’est plus compliqué car l’élève perçoit une rémunération. » Les MFR souffre toujours d’un déficit d’image auprès du public. Nelly Garda-Flip la restaure: « Le taux de réussite aux examens est excellent, comme celui de l’insertion professionnelle. Il faut accepter que chaque jeune ait son parcours. L’alternance est la clé qui permet de se réconcilier avec le système classique, de se réapproprier l’école. »

Résidence d’artiste
Une école qui se veut « acteur du territoire ». Cette année, d’octobre à février, la MFR abritera en résidence d’artiste Charlotte Talbot, de la compagnie de théâtre poitevine Quiproquos, pour l’écriture de son projet, « La Fille ronde comme… » avec le thème de la différence en fil rouge. La MFR de Chauvigny a bien toute sa place dans le paysage éducatif, non?

(1) Pour son volet formation continue, la MFR de Chauvigny propose notamment aux adultes une formation Adema (Accès des demandeurs d’Emploi aux Métiers de l’Agriculture) ou Certiphyto, pour l’utilisation des produits phytosanitaires. Elle accueille également la permanence de pôle emploi ainsi que les bureaux de la mission locale.

Lire l’article de Jean-François Rullier paru dans sur Centre Presse

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